vendredi 22 mai 2015

Donner et recevoir...

Et bien comme ce blog a parmi ses objectifs d'accueillir récits et témoignages à dimension spirituelle voici un nouvel article "de moi sur moi" qui n'avait pas spécialement vocation à se trouver là mais qui m'a été réclamé avec conviction et que je dédie donc à mon ami.

Les lecteurs de mon autre blog savent qu'il y a quelques années, lorsque j'avais quitté le monde du travail pour m'installer à mon compte je m'étais installée en tant qu'Ecrivain Public car j'avais une clause de non-concurrence sur mon domaine d'activité...
A l'époque, mon fils était encore en bas âge et je ne prospectais que pour un nombre de clients minimal correspondant à des besoins alimentaires... Adepte du "travailler moins pour vivre plus",  je n'étais pas très connue mais cela me convenait très bien !
La clause arrivée à échéance il y a 4 ans, j'ai stoppé mes activités d'écriture pour revenir à mon activité de coeur et du coup stoppé toute communication sur mon activité...
Depuis, quand il restait quelques clients qui avaient conservé mes coordonnées et qui cherchaient encore à bénéficier de mes services je les renvoyais systématiquement vers des confrères de la métropole préférant privilégier mon temps de travail pour une activité plus épanouissante et dans laquelle je prends plus de plaisir.

Et puis il y a eu cet appel lundi et cette vieille dame au téléphone qui a demandé un rendez-vous à l'écrivain expliquant qu'elle était tombée "par hasard sur mes coordonnées sortant d'elle ne savait plus où...
Alors que ma tête était déjà en train de formuler un refus politiquement correct et un renvoi vers un ancien collègue, je me suis surprise à m'entendre accepter une rencontre dans les plus brefs délais au regard de l'urgence perçue dans l'échange téléphonique...
Agacée par ce rendez-vous fixé en plein milieu d'une semaine très chargée alors que nous cumulons le retard sur le chantier de l'agrandissement en paille, j'ai fini par me faire une raison en me rappelant que ce satané agrandissement avait eu raison de toutes nos économies et qu'avec les découverts bancaires que je collectionne chaque première dizaine de mois, je ne pouvais peut-être pas non plus me permettre de faire la difficile.
Et puis surtout j'avais cette petite voix qui me disait que je devais y aller mais sans m'en dire plus...

Alors j'y suis allée... Je suis arrivée dans ce café avec quelques minutes d'avance ce matin en priant pour que ma cliente n'arrive pas trop vite et me laisse le temps de me poser et de souffler quelques minutes...
Les occasions de me poser avec un livre au calme sont si rares que je ne fais pas la difficile... Et me poser au chaud dans un café en attendant ma cliente avec une petite musique de fond c'est du quatre étoile à coté d'un coin de rame de métro en pleine heure de pointe (que je prends aussi de toutes façons! :)
L'heure a tournée...
A l'heure pile de notre rendez-vous je constatais qu'elle était en retard, ou dû moins pas très ponctuelle... Je me disais pour la première fois que j'attendrais une demi-heure... pas plus.
1O minutes après l'heure fixée du rendez-vous je me réjouissais de ce léger retard qui me permettait de terminer mon chapitre...
A 15 minutes de retard je me réjouissais de pouvoir entamer un nouveau chapitre...
A 20 minutes de retard j'envisageais pour la dixième fois de reprendre le métro et de rentrer à la maison prêter main forte à mon homme sur le chantier que j'avais déserté contre la promesse de ramener de quoi commencer à payer le tubage de poêle...
A 25 minutes de retard, j'envoyais un sms à un ami lui disant que je pensais que l'on m'avait posé un lapin, mais que finalement j'étais très heureuse de cette parenthèse qui m'a permis de souffler... J'hésitais entre passer la matinée là avec Paolo Coelho en sirotant un jus d'abricot ou rentrer renfiler mon bleu de travail :)
A 30 minutes mes bras remballaient mon ordinateur, mon coeur me disait de ne pas bouger et ma conscience s'impatientait de rentrer et trouvait que j'avais suffisamment profité !
C'est en pleine analyse de ce dilemme intérieur que ma cliente m'a surprise à 9h31...
Elle s'est confondue en dizaines d'excuses invoquant tour à tour les embouteillages matinaux qu'elle ne fréquentait plus à cette heure depuis des années , sa perte dans la ville faute de savoir faire fonctionner un GPS à son âge et la difficulté à stationner dans le quartier...

Heureuse de ne pas avoir attendu pour rien mais d'avoir néanmoins pu m'octroyer une demi-heure de répit, je l'ai accueilli du mieux possible lui assurant que cette demi-heure avait été très agréable pour moi...
Elle s'est donc installée en face de moi et à commencer à me raconter son histoire avec des conflits familiaux vieux de plusieurs années...
Elle s'est confiée à moi avec une fragilité et une sincérité désarmante.
Totalement emprise à ses émotions, le corps de cette femme de 80 ans était secoué de spasmes nerveux tandis que son doux visage était inondé de larmes à mesure qu'elle évoquait ses peines et souffrances. Chaque fois qu'elle essuyait ses yeux, elle s'excusait de se livrer ainsi et se trouvait ridicule de se mettre dans des états pareils et je ne pouvais qu'accueillir sa peine en la rassurant sur ma bienveillance et mon absence de jugement.
Après 20 minutes de récit, elle me tendit une enveloppe contenant les correspondances épistolaires précédentes ainsi qu'un brouillon sur lequel elle avait jeté les grandes idées de la réponse qu'elle souhaitait que je lui rédige.
J'ai pris le temps de lire l'échange de courrier surprise par la véhémence des membres de sa famille et la patience de ses réponses qui n'avait de cesse de tenter de rétablir la vérité, sa vérité au regard de ses proches.
Puis lorsque je lu la feuille manuscrite avec ses souhaits de réponses je ne pu m'empêcher de lui demander pourquoi ?
Pourquoi tout d'un coup des mots violents, agressifs et blessants étaient couchés sur cette feuille alors que jusqu'alors elle était restée d'une courtoisie à toute épreuve?
Elle m'a répondu ne plus en pouvoir de souffrir, être terriblement malheureuse et avoir été frappée en plein coeur par les mots du dernier courrier reçu et souhaiter à son tour porter des coups et faire mal puisque sa gentillesse d'alors ne lui a pas permis de se faire entendre.

Et là le temps s'est figé dans ce café...
La lettre entre les mains j'étais à nouveau livrée à un duel virulent entre mon petit diable et mon petit ange intérieur...
L'un m'expliquait que mes mots ne devaient pas être porteurs de violence mais d'amour... Tandis que l'autre répondait que mon métier était d'écrire une lettre pour cette femme et que si telle était la lettre qu'elle souhaitait alors cela la regardait.
Ma conscience me criait de refuser et l'autre aspect de moi me disait que j'allais déjà y laisser ma matinée, que si je rentrais à la maison après avoir déserté le chantier mais sans un sou en poche j'allais entendre parler du pays...
Alors mon angelot me rappela que j'avais quitté le monde de l'entreprise pour pouvoir exercer librement et être en accord avec mes principes et qu'en écrivant cette lettre, le lendemain matin je ne me regarderais plus dans la glace de la même façon ce qui finit de me convaincre de refuser ce travail... Restait plus qu'à l'expliquer à cette dame qui venait de parcourir plus de 50 kilomètres pour me rencontrer et de m'ouvrir son passé et son coeur...

Je lui ai donc présenté mes excuses en lui expliquant que je refusais d'écrire cette lettre et en reprenant les arguments de ma conscience tandis que mon Jimini Cricket aux allures d'angelot acquiesçait fièrement de la tête sur mon épaule droite...
Je lui ai dit que les mots avaient le pouvoir de détruire une personne, qu'elle venait d'en faire l'expérience avec les lettres chargées de méchanceté qu'elle a reçue et que je refusais que ma plume puisse blesser d'autres personnes , aussi imparfaites soient-elles. Je lui ai dit que je ne concevais pas de répondre à la violence par la violence et que cela ne ferait qu'attiser le conflit et que personne n'en retirerait quelque chose de bénéfique...

Surprise elle haussa un peu le ton en clamant qu'elle me paierait... Plus cher que ce que je lui avais demandé à la base  si il le fallait mais qu'elle tenait à cette lettre, éveillant l'intérêt de mon diablotin qui ne put s'empêcher de me flanquer l'image de mes relevés bancaires dans la tête !!!

Après un instant de silence et de réflexion j'ai décidé d'écouter mon coeur plutôt que le ministre des finances qui sommeille en moi... Et j'ai décliné son offre une seconde fois ce qui lui occasionna un flot de larmes totalement incontrôlé à ma plus grande surprise !!!

Elle sanglotait qu'elle ne comprenait pas pourquoi je refusais son argent alors que je savais maintenant et que je voyais à quel point ce conflit l'avait détruite...
Et c'est à ce moment là que je suis passée outre toutes les bonnes manières et les principes pour prendre ses mains tremblantes dans les miennes... Et à ma plus grande surprise elle accepta ce contact sans ciller, comme si il la soulageait quelque part,  Je l'ai regardé droit dans ses yeux noyés et rougis et lui ai dit que c'est précisément parce que je savais et je voyais à quel point elle souffrait de ce conflit que je refusais de lui écrire cette lettre qui à mon avis ne ferait que la rendre plus malheureuse encore, même si comme bien des choses toxiques elle lui faisait miroiter un soulagement immédiat.
Je lui ai rappelé sa patiente et son souhait de vérité exprimés sur bien des pages et lui ait dit que non seulement toute cette haine, ce n'était pas elle, mais que surtout cela n'apporte jamais rien de bon à personne.

Lui ai également dit que je serais heureuse de rentrer sans argent si cette conversation pouvait apaiser un peu ses souffrances et qu'il était évident pour moi que le chemin de l'apaisement n'était pas celui qu'elle s'apprêtait à prendre...
Et elle m'a écouté, comme une enfant qui avait besoin d'être rassurée...
J'avais cette femme de 80 ans anéantie devant moi et je cherchais à la consoler de la même manière que je l'aurais fait avec mes enfants, priant intérieurement mes guides de m'aider à trouver les mots qui apaiseraient sa douleur.

Je sus que mes prières furent entendues lorsque ses larmes commencèrent à se tarir...
Elle m'écoutait attentivement, acquiesçant de temps à autre mes propos tandis que je lui parlais de la nature des Hommes... Oui les Hommes sont égoïstes, jaloux, menteurs, vénaux, méchants, de mauvaise foi et la liste est non exhaustive mais il y a du bon dans chaque homme et c'est ce bon là qu'il faut trouver et cultiver en l'arrosant d'amour...
Je lui ai parlé de la sagesse enseignée par une femme qui n'était autre que ma voisine de vacances mais qui était bien plus que cela au fond de mon coeur et qui m'appris un jour où elle me trouva dévastée par le chagrin et la colère que le secret du bonheur c'était de prendre les gens comme ils sont... Imparfaits certes mais qu'il fallait les aimer avec ces imperfections et les aider à s'améliorer en leur montrant le chemin...
Nous avons parlé du hasard qui n'existe pas et de bien d'autre choses...
Je lui ai raconté le compte Africain sur le secret du bonheur et une fois encore elle m'écoutait en serrant ma main dans les siennes cette fois...


Le voici pour ceux qui ne le connaissent pas:

Un enfant demande à son père:
 - Dis papa, quel est le secret pour être heureux ?

 Alors le père demande à son fils de le suivre.
Ils sortent de la maison, le père sur leur vieil âne et le fils suivant à pied.
Et les gens du village de dire:
 - Mais quel mauvais père qui oblige ainsi son fils d'aller à pied !
 - Tu as entendu mon fils ?
Rentrons à la maison, dit le père.

 Le lendemain ils sortent de nouveau,
le père ayant installé son fils sur l'âne et lui marchant à côté.
Les gens du village dirent alors:
 - Quel fils indigne, qui ne respecte pas son vieux père et le laisse aller à pied !
 - Tu as entendu mon fils ?
Rentrons à la maison.

 Le jour suivant ils s'installent tous les deux sur l'âne avant de quitter la maison.
Les villageois commentèrent en disant:
 - Ils ne respectent pas leur bête à la surcharger ainsi!
 - Tu as entendu mon fils ?
Rentrons à la maison.

 Le jour suivant, ils partirent en portant eux-mêmes leurs affaires,
l'âne trottinant derrière eux.
Cette fois les gens du village y trouvèrent encore à redire:
 - Voilà qu'ils portent eux-mêmes leurs bagages maintenant !
C'est le monde à l'envers !
 - Tu as entendu mon fils ?
Rentrons à la maison.

 Arrivés à la maison, le père dit à son fils:
 - Tu me demandais l'autre jour le secret du bonheur.
 Peu importe ce que tu fais, il y aura toujours quelqu'un pour y trouver à redire.
 Fais ce qui te plaît et tu seras heureux.
(Auteur inconnu)


Je lui ai expliqué qu'elle avait assez souffert et qu'aujourd'hui elle devait retrouver la paix.

Le temps à filé et trop vite est arrivée l'heure à laquelle je devais aller récupérer mon petit homme à l'école.
A ces mots, la panique s'empara de "ma petite grand-mère" et elle me supplia de ne pas la laisser ainsi... Elle voulut m'inviter à déjeuner et poursuivre cette conversation mais c'était impossible pour moi... Même si mon coeur aurait volontiers accepté j'étais rattrapée par mes obligations familiales...

La sentant soudain totalement désorientée je l'ai invité à prendre quelques jours pour réfléchir à tout ce que nous venions de nous dire et à partager un repas la semaine prochaine si cela lui convenait et son regard s'est à nouveau illuminé mais avant de me laisser partir elle voulu savoir combien elle me devait.

Amusée je lui répondit que j'avais refusé de travailler pour elle et de lui écrire cette lettre, ce qui était une première et que par conséquent elle ne me devait rien puisque je n'avais rien écrit :)

Et voilà pas que ma gentille et cordiale mamie se transforma en un éclair en personne ferme et autoritaire en criant dans le café, braquant au passage tous les regards sur nous dans un silence qui me semblait être une éternité :
- Ah mais ça ma petite dame JE N'EN AI RIEN A FOU-TRE !!!!Vous ne m'avez peut-être pas donné ce que j'étais venue chercher mais vous m'avez donné tellement plus... Vous m'avez TOUT donné et vous me fâchez et me faites un terrible affront de refuser ce que je vous dois, c'est une question d'honneur me criait-elle!...

J'étais choquée! Scotchée la bouche ouverte de cette métamorphose si soudaine. Mon petit diable me chuchotait "Ben vas-y accepte ! De toutes façons après une matinée de désertion du chantier si tu rentres les mains vides, ça va grogner dans la chaumière ;)" Tandis que mon petit ange s'indignait : Et toi alors??? Ce n'est pas un terrible affront de monnayer ainsi ta gentillesse et ta bienveillance... Tu as donné avec ton coeur, sans intérêt, tu ne vas pas te laisser monnayer pour ta personne comme une fille de joie !

Me rappelant d'un chapitre lu dans un livre sur le besoin fondamental qu'avaient certaines personnes de payer leur thérapeute afin de ne pas se sentir trop redevable et de pouvoir "rendre" quelque chose en échange du service obtenu (et aussi légèrement influencée par mon diablotin) j'ai accepté mais en lui répétant mot à mot ce que ma conscience me soufflait... A savoir que j'étais incapable de mettre un chiffre sur la valeur de notre échange, que pour moi il n'avait pas de prix mais que je comprenais qu'elle puisse avoir besoin d'en fixer un alors que je la laissais seule juge de payer ce qui lui semblait juste afin qu'elle retrouve l' honneur dont elle me parlait...

Nous prîmes rendez-vous pour la semaine prochaine afin qu'elle m'invite dans le meilleurs restaurant de la ville puisque c'est ainsi qu'elle aime remercier ses proches...
Je ne lui ai pas dit que je détestais manger au restaurant... J'ai quand même tenté un "Vous êtes sûre que vous ne préférez pas aller pique niquer dans un parc au bord de l'eau?" et cela l'a fait exploser de rire comme si je venais de raconter la meilleure des blagues alors que j'étais on ne peut plus sérieuse... Du coup je n'ai rien rajouté. J'ai glissé son chèque plié en deux en vrac dans mon sac en me disant que je réfléchirai si oui ou non je finirai par l'encaisser et après m'être chaleureusement faite serrée dans des bras aimants et reconnaissant  je me suis engouffrée dans la bouche de métro, ses bénédictions  et remerciements s'éloignant à mesure que l'Escalator m'emportait vers le sous-sol.

En attendant ma rame de métro je réfléchissais à la tournure improbable qu'avait pris cette matinée... Je réalisais que je comprenais mieux pourquoi mon instinct m'avait poussé à cette rencontre, qu'effectivement j'avais fait beaucoup de bien à cette femme et qu'elle aussi m'avait fait beaucoup de bien... Je prenais conscience de la légèreté de mon coeur à cet instant... du bonheur que cela me procurait d'avoir pu lui redonner le sourire et je mesurais ma chance quand mon petit ange se rappela à moi en me disant : "Tu vois tu as accepté cette rencontre parce que tu avais besoin d'argent... Tu as refusé de travailler pour la première fois de ta vie parce que tu souhaitais malgré tout rester fidèle à tes valeurs, ce n'était pas le choix le plus simple, tu aurais pu te lever, t'excuser et partir mais tu as pris le temps néanmoins de donner de toi et au final "La vie" t'as remercié avec ce chèque..." Et j'ai souri parce que je trouvais une petite "justice" là dedans.

Ce n'est que plus tard en sortant mon livre pour me poser dans la rame de métro que j'ai découvert le chèque qui s'était glissé entre deux pages et je n'ai su étouffer mon juron en découvrant son montant à trois chiffres !!!
Les regards des passagers se sont tournés vers moi et j'ai explosé de rire parce que la seule chose que je visualisais à cet instant c'était mon petit ange dansant la gigue sur mon épaule, agitant le chèque sous le nez de mon diablotin d'une main et lui faisant un gros fuck de l'autre !



lundi 18 mai 2015

L'amour donne des ailes...et des racines !

Aujourd'hui je vais vous raconter une histoire vraie, qui une fois n'est pas coutume,  n'est pas celle de mon Chaman mais la mienne.
L'histoire d'une expérience qui a changé ma vie spirituelle, et donc un peu ma vie tout court...

Tout à commencé il y a un peu moins de 1 an, c'était au mois de Juillet dernier.
Avant de commencer les travaux de notre agrandissement en paille, il nous a fallu préparer le terrain et pile à l'endroit où devaient se trouver nos futures fondations se trouvaient deux arbres... Mes arbres.
Un magnolia citronné de 5 ans qui mesurait déjà près de 3 mètres de haut et dont le parfum me fait tourner la tête à chaque printemps et un superbe hibiscus qui me fait voyager jusque Hawaï chaque fois que je contemple ses magnifiques fleurs!

L'expérience m'a appris qu'il est impossible de transférer un arbre en plein été, en plein soleil,  a moins peut-être d'avoir le tractopelle de bob le bricoleur et de pouvoir embarquer avec lui deux mètres cube de terre !!! Autant dire mission impossible avec notre pauvre pioche et notre bêche de jardinier amateur.

Mais je n'ai pas su me résigner  à  mettre ces arbres à la benne sous prétexte que j'avais déjà échoué une fois dans le passé et que tous mes proches me disaient que c'était impossible.
Et puis je me suis souvenue d'un article que j'avais lu sur le net qui parlait de l'influence de l'amour sur les plantes... Cet article racontait que des élèves de je ne sais plus quelle université célèbre avaient procédé à une expérience sur des plantes rigoureusement identiques dans deux pots tout pareils... Chaque jour les étudiants envoyaient de l'amour à l'une d'elle et des sentiments négatif à l'autre...
Ils ont établis que la plante qui avait reçu de l'amour avait superbement grandi et que l'autre avait dépéri malgré un traitement et une exposition similaires.
Alors je me suis dit que si j'envoyais de l'amour à mes arbres, beaucoup d'amour... Ils pourraient peut-être s'en sortir...

J'ai donc déplanté ces deux grands arbres, je leur ai coupé leurs petites branches pour ne pas qu'ils gaspillent leur énergie inutilement et qu'ils puissent se concentrer sur leur survie.

Je les ai replanté, tutoré, arrosé à coups de dizaine de seaux de 10 litres d'eau de pluie par jour...

Comme tout le monde me l'avait prédit et comme lors de ma dernière tentative, toutes les feuilles ont fané et les bois ont commencé à noircir.
Bien sûr les voisins qui passaient par là ne pouvaient s'empêcher de me dire que c'était peine perdue , que c'était impossible qu'ils survivent...Que je perdais mon temps...
Mais il en fallait plus pour me décourager!

Pendant des semaines, Matin et soir, je me suis posée 10 minutes sur chaque arbre pour leur envoyer tout mon amour... Les mains autour de leur tronc je visualisais tout cet amour et toutes ces belles énergies  passer entre mes mains, courir le long de ses branches et descendre jusqu'aux racines pour qu'elles puissent en créer des nouvelles dans leur nouveau sol...

Forcément, mes gnômes se sont moqués (je veux dire en plus de mes voisins!) et malgré mes efforts, toutes les feuilles sont tombées...
Bien sûr j'ai douté, mais j'ai persévéré !  Je voulais y croire...
Je voulais croire qu'avec tout mon amour et toutes mes bonnes énergies je réussirai à sauver ces deux arbres, mes arbres !

Je me fichais de savoir que c'était impossible, je ne voulais pas penser que j'avais sectionné la plus grosse racine du magnolia par un coup de bêche trop profond. et que l'intégralité des racines déplacées tenaient dans un seau de 10 litres..
J'y croyais de tout mon coeur parce que si cela se réalisait cela signifierait à mes yeux qu'il n'y a pas d'impossible quand on aime et quand on le veut vraiment !
Enfin ça je le savais déjà pour "moi" mais je pensais qu'il y'avait tout un tas de limites autour de moi...
Et si je réussissais ce miracle  en lequel personne ne croyait c'était une façon de crier au monde entier que oui on pouvait changer le monde et les certitudes établies avec une bonne dose d'amour et de volonté !

L'automne est arrivé, suivi de l'hiver... Je savais que la sève était redescendue et que plus rien ne se jouait mais chaque fois que je passais à côté d'eux pour  aller chercher du bois pour le poêle, je les encourageais en secret, avec toute ma bienveillance et mon amour... 

Lorsque le printemps est arrivé, Je guettais avec impatience l'arrivée des premiers bourgeons pour voir si tous mes efforts avaient porté leurs fruits...
Avec le retour de températures plus clémentes, les bourgeons sont apparus sur tous les arbres du jardin, du quartier même... Mais pas un seul sur mes deux arbres à moi.
Rien.
Que dalle.

L'hibiscus du voisin commençait pourtant à se couvrir de feuilles mais rien chez moi.
Aucune trace de vie... Pire en y regardant de plus près les branches moyennes avaient changé de couleur et étaient devenues du bois mort et cassant cet hiver...
J'ai donc taillé une seconde fois dedans...Et j'en ai remis une grosse couche !
Je leur ai expliqué que la sève remontait, qu'ils devaient s'accrocher et faire des feuilles pour mieux se porter... J'ai continué de les aimer très fort...

Et les bourgeons sont sortis sur l'hibiscus!!!
3 semaines plus tard que tous les autres mais ils étaient là... Et ils étaient nombreux !!!

Le magnolia lui a plus de mal... Mais il m'a fait une superbe feuille... Une seule sur tout l'arbre !
Je ne vous dis pas comme je tiens à distance tous les escargots!
Alors je l'encourage et je continue de lui envoyer du "vas-y pépère en fluide", je m'émerveille sur les tous petits bourgeons qui commencent  à poindre alors qu'il revient de si loin !!!

Fan des gardiens de la galaxy, ma petite tribu m'a surnommé Groot, comme la vieille branche que tout le monde pensait morte et qui est revenue à la vie lentement, mais sûrement :)


Alors oui "Je s'appelle Groot"!!! Avec grand bonheur même !!!

Et surtout, je n'en fini plus de m'émerveiller sur ces deux petits miracles de l'amour et sur les perspectives qu'ils ouvrent :) ...
J'espère de tout coeur que cet article vous ouvrira à vous aussi de nouveaux axes de réflexions et d'expérimentation :)